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Mathieu Montcourt est passé à un point de la victoire à Angers.
OPEN ESPACE ANJOU 2005 - EDITION 2005
ANGERS  du 04/04/2005 au 10/04/2005

Montcourt si près, si loin

Remporté par le Russe Evgueni Korolev au terme d'une finale à suspense face au Français Mathieu Montcourt, l’Open Espace Anjou est un Future de 15 000 dollars qui présente de nombreux atouts…


LA REVANCHE  DE KOROLEV. En août dernier, Evgueni Korolev et Mathieu Montcourt s'étaient affrontés en quarts de finale du Future de Bolzano en Italie. Le Français l'avait emporté 6/2, 6/1. Sur les courts couverts en terre battue de l'Angers Tennis Club, le joueur du Val-de-Marne est passé à un point de doubler la mise. Mais c'est finalement le Russe, âgé seulement de 17 ans, 350e mondial, qui l'a emporté 5/7, 6/3, 7/6(3) en 2h02. Korolev a ainsi glané son deuxième Future. Montcourt, 20 ans, 356e, pouvait en faire autant. Malheureusement pour lui, il lui a manqué une balle…

 

SAUVE IN EXTREMIS. Et dire que le tournoi a bien failli de ne pas avoir lieu… Début février, le principal sponsor de l’édition 2004 annonçait son "forfait" tardif. Un coup très dur pour les organisateurs, à quelques semaines du coup d'envoi. Heureusement, le directeur du tournoi, Philippe Couaillier, avait eu la bonne idée de démarcher un peu plus tôt la grande surface Espace Anjou (chaîne Géant). "L’entrevue avait été un peu difficile pour moi car je débutais dans ce genre d’exercice, s’amuse aujourd’hui cet enseignant de l'ATC depuis près de 30 ans. Mais j’ai compris qu'Espace Anjou visait plus haut qu'un "petit" partenariat. Résultat, nous sommes tombés d'accord pour qu'il soit le sponsor principal du tournoi."

 

En quelques jours, les Internationaux de Tennis d'Angers devenaient Open Espace Anjou et l'épreuve assurait sa pérennité. Il eut été dommage que l'ATC, le club le plus prestigieux du département, soit privé d'un tournoi international. "Il y a toujours eu un événement de grande envergure ici, rappelle Philippe Couaillier. A une époque, il y a même eu Budge Patty, Jaroslav Drobny. Plus tard, nous avons travaillé avec Tennis Pro. Les Fleurian et autres Gilbert ont animé le tournoi. Et puis nous avons décidé de lancer un Future, afin que le sport prenne le pas sur le prestige du plateau."

 

LES PETITS PLUS. Lancée en 2000 en "15 000 $ + h", le tournoi angevin a vite fait machine arrière pour revenir à "10 000 $". Depuis deux ans, il est repassé à "15 000 $". Le moins que l'on puisse constater, lorsque l'on se promène dans ce club situé juste derrière le Stade Jean-Bouin où évolue le SCO d'Angers, c'est que cette épreuve a les moyens de voir plus grand. Certes, la position sociale assez élevée du club et donc ses excellentes infrastructures sont des atouts, mais pas seulement. L'équipe organisatrice se démène pour ajouter chaque année un petit plus. Les tribunes peuvent accueillir environ 1 000 personnes. Et le Village comporte de nombreux stands. Il y a même un court de Mini-tennis, des bornes Internet, des consoles de jeu Nintendo mises à disposition gracieusement… Concours de pronostics, ateliers "sports co" et radar Tecnifibre lors de la journée des enfants, démonstration handisport (avec François Xavier Morille, n°8 national) sont aussi au menu, de même qu'un site officiel très complet et très bien illustré (http://www.tmi.fft.fr/future49). Voilà de quoi faire saliver d'envie bien des organisateurs de tournois Challenger !


Mais Philippe Couaillier se veut prudent. "Pour aller plus haut, il faudrait encore plus de bénévoles. Et puis quand on est sûrs de ne pas perdre de l'argent, c'est déjà un soulagement ! J'aimerais quand même que l'on puisse assurer l'hébergement, car cela soulagerait bien des joueurs qui galèrent aux alentours de la 300e place."

 

MONFILS EN 2004. Le Future d'Angers sert aujourd'hui de tremplin aux jeunes espoirs français. Gilles Simon, Gaël Monfils l'an passé, sont passés par là, alors qu'ils étaient moins connus. Et bien sûr Nicolas Mahut, formé à l'ATC. Mais de toutes façons, l'absence de grands noms n'a jamais fait fuir le public, au contraire. "Certains médias, par contre, pourraient faire beaucoup mieux, regrette Philippe Couaillier, comme France 3. Mais le Courrier de l'Ouest nous apporte une très bonne couverture quotidienne."

 

Les partenaires sont d'ailleurs tous satisfaits de la réussite de l'événement, à commencer par la Ville d'Angers, très impliquée. Le comité départemental de Maine-et-Loire a également apporté un soutien précieux. Septième et dernière étape du circuit hiver-printemps des Future français, l'Open Espace Anjou a encore de beaux jours devant lui… après un sauvetage in extremis.


(A Angers, Guillaume Baraise)

Publié le 11/04/2005 à 10:44