©Freddy Micheneaud  
Philipp Petzschner, le vainqueur (à g.), et Gilles Muller lors de la remise des prix.
OPEN DE RENNES LA TRINITAINE - EDITION 2007
RENNES  du 08/10/2007 au 14/10/2007

Petzschner double la mise

L’Allemand Philipp Petzschner a remporté l’épreuve de simple du deuxième Open de Rennes-La Trinitaine. Associé à Bjorn Phau, il a également réussi à empocher le double.

PETZSCHNER FAIT MAL AUX BLEUS. Il ne faut pas chercher beaucoup plus loin. Si un Français n’a pas succédé à Jo-Wilfried Tsonga, vainqueur la saison dernière du premier Open de Rennes-La Trinitaine, tournoi challenger doté de 50 000 $, c’est bien la faute de Philipp Petzschner. L’Allemand, 202e joueur mondial à l’orée du tournoi breton, a réalisé un brillant parcours aux dépens quasi exclusifs du tennis tricolore.

Thierry Ascione, tête de série n°2 de l’épreuve, a été le premier surpris par la qualité du jeu pratiqué par Petzschner (7-6 7-5), un jour avant David Guez, dominé au second tour (6-2 6-2). Thomas Oger, issu des qualifications, a livré un bon match en quarts de finale face au Bavarois sans être récompensé par un set (6-4 7-5). En demi-finale, Gary Lugassy, pourtant lucky-looser, n’a pas eu plus de chance (6-4 6-4). Enfin, le francophone luxembourgeois, Gilles Muller, s’est enfin incliné en finale (6-3 6-4). C’est bien, c’est beau, c’est solide aussi, bref c’est Petzschner.

L'EXPÉRIENCE DE LA COUPE. L’Allemand n’était pourtant pas arrivé discrètement en Bretagne. Certes, dix-sept joueurs du tableau le précédaient dans la hiérarchie du classement mondial, mais un seul d’entre eux, le Néerlandais Raemon Sluiter, avait, comme lui, disputé une demi-finale de Coupe Davis. L’inconnu Petzschner s’était signalé en double et en simple lors de la rencontre Russie-Allemagne à la fin du mois de septembre.

Victorieux avec Alexander Waske de la paire Youzhny-Tursunov, le joueur allemand de 23 ans avait manqué l’occasion de qualifier son équipe pour la finale en perdant le quatrième simple en quatre sets face Mikhail Youzhny. Cette prestation plus qu’honorable pour un joueur de son modeste calibre a sans doute donné des ailes au joueur allemand qui remporte donc le premier tournoi Challenger de sa carrière.

UN PLATEAU PLUS RELEVÉ. Les Tricolores, victimes de l’ouragan Petzschner dans la moitié basse du tableau, se sont distingués également dans l’autre moitié grâce à Jean-Christophe Faurel, demi-finaliste, et Sébastien de Chaunac, quart de finaliste. Ils faisaient oublier ainsi la défaite étonnante d’Edouard Roger-Vasselin, tête de série n°1, au deuxième tour face au Taïwanais Wang. "Le niveau des participants était très homogène cette année, indique Thibaud Serre, coorganisateur de l’événement en compagnie de Thierry Eon. Le plus mal classé dans le tableau était 218e contre 260e en 2006. Le fait que les surprises aient été nombreuses, au point que les têtes de série aient toutes disparues avant les quarts de finale, prouve bien que le niveau était très resserré."

Cette disparition prématurée des têtes d’affiche a sans doute porté préjudice à la fréquentation. Cette dernière n’a en effet pas répondu entièrement aux attentes des organisateurs. Elle est toutefois plus forte que l’année dernière avec 5 200 spectateurs en semaine. "Nous avons mené des opérations pour faire venir un nouveau public, explique Thibaud Serre. Des collégiens ont été invités, nous avons organisé une journée pour les licenciés, nous avons fait des tarifs spéciaux pour les étudiants... Nous pouvons sans doute encore faire mieux mais nous sommes assez satisfaits quand même."

ON DÉMÉNAGE ! Le bilan de cette seconde édition est donc "globalement positif" pour Thibaud Serre. Forts de l’expérience acquise l’année dernière, les deux organisateurs ont agrandi le village destiné aux partenaires. "Nous l’avons doublé, précise même l’organisateur. Nous y avons installé un nouveau lieu de restauration et nous avons permis à nos partenaires de mieux exploiter cet espace." Si la dotation est demeurée identique à celle de l’année passée, l’hébergement des joueurs était cette année pris en charge par l’organisation. L’éclairage sur le site de l’AS Patton a été amélioré pour permettre  la tenue des deux affiches de la journée à partir de 18 heures. En bref, le tournoi a continué de grandir sereinement grâce à l’énergie des deux coorganisateurs et de la centaine de bénévoles dévoués.

Thibaud Serre ne manque donc pas d’ambition. "Nous voulons faire de l’Open La Trinitaine un événement majeur du tennis français et l’installer parmi les tournois challengers les plus importants dans le pays", dit-il. Pour poursuivre sa croissance, le tournoi va déménager pour trouver temporairement ses aises au gymnase Colette-Besson à Rennes. La recherche de nouveaux partenaires va se poursuivre également et, en cas de nouvel apport financier, la dotation devrait rapidement être revue à la hausse tandis que les tarifs évolueront eux, à la baisse. La recherche de la formule idéale représente un long travail, mais en deux ans, le plus dur a sans doute été fait. Rennes a acquis sa place dans le calendrier.


(Thibaut Fraix-Burnet)

Publié le 16/10/2007 à 10:39