OPEN ESPACE ANJOU - EDITION 2010
ANGERS  du 12/04/2010 au 18/04/2010

Patience renaît à Angers

L’Open Espace Anjou a sacré Olivier Patience, retombé au 410e rang mondial. Le Parisien tombeur de Sébastien De Chaunac en finale (6/2, 6/4) n’a pas perdu un set en route.

Au moment de ranger ses raquettes, Olivier Patience éprouvera sans doute quelques regrets, car son talent méritait sans doute une autre carrière. Techniquement, notre homme sait tout faire. Oui mais voilà : capable de battre Davydenko à la régulière, de pousser Djokovic dans ses derniers retranchements en 2007 à Roland-Garros ou de se hisser à la 87e place mondiale en juillet 2004, il se retrouve aujourd’hui 410e au classement technique. La faute à un léger manque de combativité quand les choses ne tournent pas en sa faveur. Mais quand tout rigole, comme ce fut le cas lors de sa semaine angevine, quel régal !

Face à Antoine Tassart, à l’Allemand Flock, à Charles-Antoine Brézac, au Roumain Copil, puis devant Sébastien de Chaunac, "la Pace" n’a pas lâché un set en route. En finale, face à la tête de série n° 1, le protégé de Cyril Saulnier a déroulé (6/2, 6/4 en 1 h 11). "Ce fut une finale à sens unique, confirme le directeur du tournoi Philippe Couaillier. Le classement de Patience ne reflète pas son niveau. Il a proposé un superbe tennis. Je pense aussi qu’il n’était pas trop entamé physiquement, en tout cas moins que De Chaunac qui a mal démarré son match et ne s’en est jamais remis."

Agé de 30 ans, Olivier Patience signe donc son premier coup d’éclat en 2010, après des quarts de finale dans trois autres Future (Sheffield, Bagnoles-de-l'Orne, Feucherolles). Il succède à Guillaume Rufin, lauréat en 2009. De son côté, De Chaunac, qui alterne entre les qualifications sur le circuit principal (Sydney, Open d’Australie, Dubaï et Indian Wells cette année), et les épreuves moins prestigieuses, se montre plus régulier. L’an passé, celui qui ne se sépare jamais de son bandeau, avait atteint le 3e tour à Washington, battant au passage Tursunov, après être sorti des qualifications. Chroniqueur pour Tennis Magazine, De Chaunac  (32 ans, 216e mondial) avait également failli sortir Ljubicic à Metz en septembre dernier.

Dans les rangs tricolores, Romain Jouan, a atteint le dernier carré. Mais le Bordelais n’a pas su saisir toutes les occasions face à De Chaunac. Issus des qualifications Clément Reix (26 ans, 750e ATP) et Florian Reynet (24 ans, 644e) se sont hissés en quarts. Tout comme Charles-Antoine Brézac, victime d’Olivier Patience. Mais la véritable révélation de ce 11e Open d’Anjou se nomme Marius Copil. Agé de 19 ans, le Roumain, demi-finaliste, a longtemps accroché Patience (7-6, 7-6) et a fait forte impression. "Il s’agit d’un gros frappeur, qui sert très fort et possède un excellent coup droit, indique Philippe Couaillier. Quoi qu’il arrive, il impose son jeu mais devrait sans doute venir terminer les points au filet." Membre de l’équipe de Coupe Davis de Roumanie, Copil bénéficie d’une expérience du très haut niveau qui devrait accélérer sa progression.

Malgré le soleil, qui pousse parfois les Angevins à partir en week-end sur les bords de l’Atlantique, le public a répondu présent. La finale a attiré près de 700 spectateurs tandis que 4000 personnes étaient présentes pendant la semaine. Parmi les nouveautés, la mise en place d’un restaurant fermé et chauffé à destination des partenaires et des élus. Des élus qui ont accueilli avec plaisir Jean Gachassin, le président de la FFT, venu le mercredi. A Angers, l’avenir s’annonce donc brillant…


(Baptiste Blanchet)

Publié le 20/04/2010 à 14:26